08/10/2008

"le" bouillon

LE bouillon

Cette recette, je vais la rechercher bien loin dans mon enfance.

Certain(e)s d'entre vous se souviendront du bon bouillon qui cuisait des heures durant sur le coin du feu.

Une odeur bien agréable embaumait la maison: un mélange de légumes et de bouquet garni qui nous titillait les narines, mais nous laissait sur notre faim. En effet, il n'était pas question de boire le bouillon le jour même de sa cuisson!

Quand le bouillon était prêt, il devait passer un certain temps au frais, notamment à la cave, afin que toutes les graisses de la viande remontent à la surface et qu'on puisse facilement l'enlever (elle s'était solidifiée).

Car du bouillon trop gras, c'est pas très bon!

Le principe? Il est simple ... Quelques légumes de saison dont certains indispensables et d'autres variant selon les goûts et les disponibilités au potager.

Les indispensables: carottes, poireaux, oignons (dont un piqué de trois ou quatre clous de girofle), navets et céleri. Les autres: choux, haricots verts, petits pois ...

On prend une grande marmite, on y dépose les légumes coupés en morceaux et la viande (le fameux "bouilli" ou plates côtes) ou la volaille (poule ou poulet) et on remplit d'eau (3 ou 4 litres). On peut également ajouter un os à moëlle.

On sale généreusement, on ajoute un bouquet garni (persil plat, thym, laurier), deux ou trois gousses d'ail et on démarre la cuisson.

Dès que le point d'ébullition est atteint, on baisse le feu et on laisse cuire à feu très doux pendant trois ou quatre heures.

Après cuisson, mettre au frais jusqu'au lendemain, puis enlever la graisse qui s'est figée au-dessus du bouillon.

Enlever la viande et la réserver (nous verrons plus tard comment l'accommoder).

Réchauffer le bouillon et servir bien chaud avec une biscotte frottée à l'ail déposée sur le dessus.

On peut également y ajouter du concentré de tomates et y faire cuire quelques petites pâtes (genre "alphabets", ce qui amuse beaucoup les enfants).

Ce que j'aime dans ces plats qui mijotent des heures durant, c'est l'odeur! A l'heure où on vit dans des maisons "aseptisées", où on ne sent jamais l'odeur d'une soupe qui cuit, de confitures sur le feu, des légumes frais qu'on épluche, des tartes qui se succèdent dans le four, à l'heure où, dans beaucoup de ménages, tout cela fait place aux plats "vite faits", surgelés, déjà prêts ... où est le plaisir?

La table, pour moi, est l'endroit le plus convivial qui existe. Elle mérite donc toute notre attention et surtout beaucoup d'amour! Et pour cela, il faut qu'elle soit accueillante, qu'elle soit bonne et qu'elle vous laisse des souvenirs qui vous font du bien, tels les madeleines de notre ami Proust.

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